Vendredi 5 septembre 2008

Je me suis isolée dans la salle informatique du Collège...pour échapper à l'excitation qui m'allège ou m'écrase selon l'instant. Mes deux autres collègues courent en tout sens...J'entends qu'elles m'appellent.
Je me dépêche donc pour vous dire que nous quittons le Collège en minibus à 11h00 : nous devons être impérativement à l'enregistrement des bagages pour 12h30. Notre envol est prévu aux environs de 15h30.
Je ne peux rester ici plus longtemps sans susciter l'étonnement : je file les rejoindre...

Mme Gonbeau

Par Stef
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Mercredi 3 septembre 2008
Comme promis, je vous joins la liste des différentes chaines qui retransmettront les jeux Paralympiques ..voici un bon moyen de suivre notre aventure mais aussi et surtout celle de nos athlètes !! Allez les bleus !!!!!!!!!!!!!!!!!!!


La Couverture des Jeux par France Télévisions

France 2
-Sujet réguliers dans les éditions du 13h et du 20h (1 équipe sur place)
- TéléMatin : rubrique quotidienne, dédiée à l’événement. Les week-ends, un inter-programme assurera la continuité avec TéléMatin, diffusé uniquement la semaine.
- Stade 2, plusieurs reportages sportifs sur les Jeux Paralympiques.
- “L’image du Jour” tous les soirs sur France 2, durant toute la durée des Jeux.

France 3
- Magazine quotidien de 7 minutes avant le 12/13.
- Sujets dans les journaux du 12/13, du 19/20 et du soir 3,
- Tout le Sport, reportages réguliers.
- Magazine de 26 minutes le dimanche 14 septembre après-midi, avec rétrospective de la première semaine.

France 4
- Magazine quotidien de 5 minutes en deuxième partie de soirée, tous les jours.

RFO
- Magazine spécifique de 10 minutes dans ses différentes stations.

Internet
Un mini site sera mis en place  sur le site internet France Télévision vers la fin du mois d’août, et jusqu'à la fin des Jeux Paralympiques, afin d’informer régulièrement les internautes sur les performances de l’équipe de France Paralympique. Il permettra de revoir l’ensemble des reportages et magazines diffusées sur les antennes France Télévisions. Une web TV permettra également de suivre les épreuves en direct.

Par Stef
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Dimanche 31 août 2008

 Bonjour à tous!



Il est effectivement grand temps de penser aux derniers détails de préparation de la rentrée et du voyage.


Nous organisons une dernière réunion d'information et de préparation en vue du voyage le mardi 2 septembre à 17h. Votre présence et celle de vos parents est impérative! Nous avons encore quelques informations essentielles à vous donner.


A cette occasion, les élèves qui ne nous auraient toujours pas confié leur argent de poche sont invités à le faire.


Nous allons vivre de grands moments mais le premier de tous, c'est votre rentrée en troisième! Faites en sorte de bien la préparer, d'être très attentifs aux informations que vous donneront vos professeurs principaux de manière à reprendre votre année scolaire le plus tranquillement possible après notre voyage.

Je vous souhaite de bons préparatifs et vous dis : à mardi!


Madame Léa



N.B.: On compte sur vous pour faire passer l'info auprès des copains qui n'ont pas accès au blog!

Par Stef
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Samedi 30 août 2008

 

jeudi 28 août

 

« Ah, non ! C'est pas la bonne entrée... » Je marchai derrière Mme Léa. « Ah, j'crois que c'est là ! »

Une jeune femme de noir vêtu se tenait à l'entrée une cigarette, à droite, et un téléphone, à gauche. Comme ses yeux dessinèrent un point d'interrogation, je lui précisai que nous avions rendez-vous avec M. Benoît Hétet. Elle suspendit sa conversation téléphonique pour nous dire que son bureau était aussitôt à droite. « Oui, oui, aussitôt ».

« Ah, effectivement... » pensai-je. Mme Léa resta sur le seuil le temps de nous présenter : « Mme Léa, Mme Gonbeau, enseignantes au Collège Victor Hugo... » Dans la grande pièce encombrée de cartons, les personnes, déjà debout, nous donnèrent l'impression agréable que nous étions attendues. Les deux sourires féminins se tournèrent vers un des hommes présents. Il devenait facile de deviner qui était celui que nous cherchions. Deux silhouettes masculines quittèrent discrètement le lieu tandis que le Responsable Communication M. Benoît Hétet nous souriait. Il fit aussitôt le tour de son bureau pour nous serrer la main. Il s'excusa de ne pas pouvoir nous recevoir longuement en nous montrant deux énormes valises entrouvertes qui étaient à nos pieds. Il prenait l'avion pour Pékin dans l'après-midi.

D'abord, il nous félicita pour notre projet et pour notre blog. Puis, la valse des visages, des sourires et des poignées de mains se poursuivit au fond du premier couloir avec le Président M. Masson qui nous posa plusieurs questions témoignant de son intérêt et qui insista pour qu'on se revoie sur les sites des compétitions. Nous fîmes ensuite quelques pas avec le Directeur M. Laurent Allard qui nous confia à nouveau à la prévenance de M. Benoît Hétet. Pendant l'entracte, il nous offrit un grand sac cartonné siglé Paralympiques Vivez les Jeux à 100 % contenant 12 tee-shirts ainsi que 12 guides officiels. Il y avait aussi dans le fond un lot de DVD sur le handisport. Il prit le temps de déplier un des tee-shirts pour nous en montrer le dos imprimé du « Nid d'oiseau ». Il nous présenta également en quelques mots le contenu du guide - qui s'avérerait sans aucun doute très utile sur place - et des DVD. Sa déception de ne pouvoir nous donner des drapeaux tricolores s'effaça quand il sut que Mme Leroy nous en avait déjà procurés. Le bal des encouragements, des remerciements et des promesses de retrouvailles reprit ensuite au fond du couloir opposé avec le Vice-Président M. Siclis. Il prenait le temps de nous renouveler son soutien quand une nouvelle cavalière s'excusa de nous l'emprunter. Au moment de nous quitter, M. Benoît Hétet nous garantit que l'on se retrouverait à Pekin en nous donnant son numéro de téléphone. Les mots gentils ne tarissaient pas :

« - Ça représente beaucoup pour nous et pour les athlètes qu'il y ait des supporters. Il y en aura un peu moins qu'à Athènes c'est sûr... parce que Pékin c'est vraiment loin ! Dans les gradins, il faudra faire du bruit ! 

Et Mme Léa le rassura d'un rire espiègle :

- Oh, pour ça, ne vous inquiétez pas, ils risquent peut-être d'être intimidés... deux secondes ! »

Princesse d'un instant, j'étais un peu étourdie : l'accueil merveilleux que venait de nous réserver la Fédération Française Handisport gonfla nos petits cœurs. A l'extérieur, je proposai à Mme Léa de l'aider à porter la hotte emplie de cadeaux. Elle refusa d'abord puis changea très vite d'avis. Une anse de chaque côté, nous n'étions pas trop de deux pour la transporter...

 

Mme Gonbeau

 

Par Stef
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Vendredi 29 août 2008

J-8 avant notre départ !!! je n'en reviens pas, comme le temps passe vite !! et dire que 12 mois auparavant, nous étions à la pré rentrée, en train de réfléchir à ce projet , encore très flou à l'époque, mais déjà très motivant !!
Nous avons parcouru beaucoup de chemins depuis, avec les élèves, les athlètes, les sponsors, les médias...et maintenant nous y sommes !!
Il est donc temps de préparer les derniers détails de notre voyage et de commencer à réfléchir à ce que l'on met dans nos valises car notre départ va arriver très vite !!
Je vous souhaite donc à vous, élèves du collège, une bonne fin de vacances, reposez vous bien avant la rentrée...et à vous collègues et partenaires, une bonne reprise (si ce n'est pas déjà fait pour certains..).
Au plaisir de vous faire partager rapidement notre voyage extraordinaire !!!!!

A bientôt

Stéphanie leroy

Par Stef
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Jeudi 28 août 2008
 

mardi 26 août

Sans trop me presser, je descendis vers le métro dont le quai piétiné de silhouettes sombres me fit réaliser que les vacances se terminaient. Les rares places assises étaient vite occupées et les moins chanceux observaient le manège impitoyable avec un regard plein de convoitise, de désolation ou de haine. La rentrée ne manquait pas une occasion de se manifester aussi entre les pages des magazines féminins feuilletées ici et là. Une femme faisait des mots croisés. Un jeune homme à l'allure sérieuse lunettes-costume-chemise-cravate sortit contre toute attente de sa sacoche un album Astérix.

J'arrivai avec un peu de retard métro George V mais la douce lumière de ce milieu de matinée et le sourire indulgent de Mme Léa me rappelèrent que notre nouvelle venue à l'ambassade ne devait a priori n'être qu'une formalité. Au coin de la rue plus animée que la semaine précédente, je retrouvai dans une pose majestueuse l'orchidée blanche. Non loin, un homme fumait, un autre retirait de l'argent à un guichet. Partout les gens marchaient d'un pas pressé.

Les portes de l'ambassade étaient grandes ouvertes et Mme Léa me fit remarquer que la police n'était plus en faction devant. Le portique de sécurité sonna à chacune de nos entrées mais le vigile se contenta de nous observer du coin de l'œil. Plus sereine que le mardi précédent, j'avais retrouvé toute mon acuité : je remarquai pour la première fois que le toit de l'arrière-salle était une verrière. A droite, la file des demandes de visas semblait inamovible. A gauche, les caisses de retrait étaient délaissées. A la première caisse, Mme Léa remit le précieux petit billet rose. La transaction fut si rapide que j'eus à peine le temps de réaliser que le montant était réglé. Nous glissâmes ensuite vers la caisse suivante où nous attendaient nos passeports regroupés par un élastique. Tout paraissait trop simple et trop rapide : nous décidâmes donc de recompter les passeports et de vérifier que chacun d'entre eux était bien accompagné de son visa. Mais, à propos, à quoi pouvait-il bien ressembler, ce satané visa ? Ah ! Pour ça, nul ne nous contredirait : il avait fière allure, ce sacré visa, avec la muraille de Chine en arrière-plan !

Au moment de quitter l'ambassade, ma joie était telle qu'il me sembla que les cinq fuwa, mascottes colorées pourtant restées inaperçues jusque-là malgré leur volume et leur taille imposante, me saluaient gentiment. Sous les yeux médusés du gardien, Mme Léa improvisa un petit pas de danse facétieux et je m'empressai de téléphoner à Mme Leroy qui nous apprit que Gladys et Agnès nous avaient laissé un message sur le blog.

Le retrait des visas ne nous avait pas pris plus de dix minutes et nous n'avions pas le cœur à nous séparer si tôt. Nous choisîmes de descendre les Champs-Elysées pour prolonger ce moment de bonheur et puis, nous avions certainement mérité un peu de repos... De quoi avions-nous l'air avec nos larges sourires, flottant au milieu du tumulte ?

En bas de l'avenue, devant l'enseigne Adidas, se préparait un podium encerclé de barrières métalliques de protection. Nous remarquâmes alors un camion canal +/i télé avec une antenne parabolique sur le toit et des cars de C.R.S. Tout ça pour nous ? Voyons, n'était-ce pas un peu excessif pour chanter notre gloire ? Je me rappelai que nos victorieux athlètes de retour de Pékin venaient défiler dans l'après-midi. Je soufflai tout de même à Mme Léa l'idée de profiter de la présence des journalistes pour les informer de la concrétisation de notre projet...


Mme Gonbeau

Par Stef
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Mardi 26 août 2008


dimanche 24 août


Ce matin-là, j'avais prévu d'aller courir en fin d'après-midi. Mais comme je prenais tranquillement mon petit-déjeuner devant le match des handballeurs français devenus rapidement or d'atteinte, j'apprenais que la Cérémonie de clôture serait retransmise à 14 heures, durant près de deux heures et serait suivie d'une émission spéciale J.O. Je décidai donc de décaler ma sortie à midi en tenant la bonne excuse de la contrainte du temps pour raccourcir ma promenade sportive.

De retour à 13h30, j'allumai mon poste de télévision et suivis d'un œil distrait le récapitulatif des médailles remportées pendant la quinzaine olympique. Mais le compte-à-rebours en feu d'artifice sonna le rappel de mon attention. Bien sûr mes yeux s'émerveillèrent devant les tableaux chamarrés et acrobatiques pensés par Zhang Yimou. La gravité du spectacle d'ouverture chantant l'héroïsme et le tragique de l'Histoire du Peuple chinois était maintenant contrebalancée par la festivité d'un spectacle résolument aérien et contemporain.

Et lorsque la caméra balayait la foule en liesse des sportifs, je m'amusais à reconnaître leurs visages passés de l'ombre à la lumière. Ils étaient là, riant, dansant, défilant, heureux d'être ensemble et je m'étonnais de les découvrir si ordinairement familiers alors que certains venaient d'accomplir des prouesses surhumaines. Peut-être partageaient-ils eux aussi la même incrédulité arborant tout de même avec fierté leur médaille à leur cou ?

Les trois marathoniens pourtant récompensés sur tapis rouge ainsi que l'enchaînement de clichés sur Londres quoique relevé de rock'n roll me donnèrent ensuite l'impression d'être quelque peu écrasés par le gigantisme du cérémonial chinois.

Peu après, l'échelle d'avion symbole un peu appuyé du départ pour les athlètes, les journalistes et les touristes me ramena à l'inverse à notre embarquement imminent. Et je pensais à Ferdinand, Gladys, Jérémy, Mélissa, Anthony, Agnès, Raphaël, Alan et Laëtitia. Commençaient-ils à songer aux préparatifs de leur valise ?

La tristesse de l'extinction obligée de la flamme olympique fut quelque peu atténuée par l'élévation solennelle de la tour de la mémoire : je savais déjà que les vues aériennes sur "le Nid d'oiseau" et "le Cube d'eau" éclairant la nuit de Pékin allaient me manquer. Et malgré les danses et les chants ponctuant la cérémonie d'allégresse, la nostalgie commençait à me gagner. Je ne pus retenir un « Ouah ! J'veux pas que ça s'arrête ! » impatient et superstitieux. Nous avions rendez-vous à l'ambassade ce mardi matin-là...


Mme Gonbeau

Par Stef
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Dimanche 24 août 2008


mardi 19 août


...le contraste entre la moiteur du métro et la fraîcheur extérieure ne suffit pas à me réveiller ce matin-là.

08h02. Nous fûmes ponctuelles au rendez-vous métro Georges V. J'en venais presque à douter que près d'un mois et demi me séparait de ce même décor et tel un automate, je marchai d'un bon pas vers l'ambassade de Chine. Heureusement, Mme Léa, curieuse de tout, me fit remarquer un spectacle rare en l'avenue fameuse : les commerçants des jolies boutiques étaient en train d'ouvrir et de préparer leur devanture. Mais, ici, tout avait l'air plus chic comme cette fleuriste en train de rempoter une orchidée blanche.
Plus nous avancions dans la rue de Washington, plus nous comprenions que nous avions eu raison de nous lever tôt : le trottoir longeant l'ambassade n'était pas encore envahi par une longue file d'attente. En fait, seules six, sept personnes nous précédaient de sorte qu'elles avaient même pu s'asseoir sur la marche palière du bâtiment.

08h08. Nous avions près d'une heure et quart d'attente soulagée par la satisfaction d'être parmi les premiers arrivés. Un vent frais soufflait et je ne m'étais pas suffisamment couverte.

08h10. Mme Léa abandonna sa place un instant, désireuse de découvrir l'entrée où se trouvait affichée la liste des documents nécessaires à l'obtention d'un visa. A son retour, elle me demanda un peu inquiète d'ouvrir mon sac car elle voulait en vérifier le contenu.
Dans la rue perpendiculaire à la nôtre, se trouvait une voiture de police. Une femme servait du café à ses collègues qu'elle devait certainement garder dans un thermos qu'on ne pouvait apercevoir. En face de nous, dans notre rue stationnait un camion de police. Nous nous demandâmes si le contexte politique expliquait leur présence.

08h17. Une personne vint prendre place derrière nous.

08h24. Mme Léa quitta à nouveau la file pour acheter l'édition quotidienne de l'Equipe. Nous commentâmes la médaille d'argent française inespérée sur le 3000 mètres steeple et l'article qui revenait sur le renoncement du Chinois Liu Xiang dès les séries du 110 mètres haies.

08h31. Dans la file d'attente qui s'allongeait de façon d'autant plus surprenante qu'elle le faisait dans un grand silence, plusieurs personnes lisaient pour tromper leur attente. Une jeune femme visiblement européenne lisait un livre en mandarin. La recroisant au sortir de l'ambassade, elle nous apprendrait qu'elle partait faire ses études en Chine. Les personnes assises devant nous, pourtant sûres d'être reçues aux guichets avant la fermeture de midi, s'agitaient :

- Il fait pas chaud...
- Moi, j'suis arrivée la première...
- Les portes ouvrent à 09 heures 20...
- Moi, j'étais déjà là hier mais il me manquait un papier alors j'ai dû revenir aujourd'hui...
- Lin Lin, tu veux un morceau de croissant ?
- Ah ! Ici, ça rigole pas. Un papier qui manque et ils discutent pas...
- Nous, on s'est levés à 06 heures pour être bien placés...
- J't'dis qu'il nous manque un certificat de travail signé par ton patron !
- Bon, j'vous laisse. J'vais boire un café...
- Moi, j'vais en Chine pour affaires ; pas pour rigoler !

08h35. Pour lutter contre la fraîcheur presque automnale et l'engourdissement de mes membres, je me balançais d'une jambe sur l'autre. La dame derrière nous consultait son passeport et je remarquai que plusieurs de ses feuillets étaient tamponnés.

08h38. Mme Léa qui avait été plus prévoyante que moi enfila un pull.

08h47. Un homme avec un  gros sac à dos se plaça devant les portes de l'ambassade faisant fi de nos moues renfrognées. On s'étonna d'abord à demi-mots de sa goujaterie pour apprendre presque aussitôt qu'il ne faisait pas la queue parce qu'il travaillait dans le tourisme et venait là très souvent pour déposer des demandes de visas. Certaines personnes allèrent immédiatement lui poser des questions. La dame, derrière nous, nous précisa quant à elle que l'ambassade qui n'acceptait auparavant que les règlements en espèce s'était un peu assouplie en acceptant également les paiements par carte bancaire. Elle nous glissa également, lasse d'attendre :

- Pourvu qu'il n'y ait pas trop de groupes devant nous !

 

Elle ne savait heureusement pas que se trouvaient dans mon sac à dos 12 passeports.
L'anxiété devenait presque palpable.

08h50. Je regardai ma montre et me retournai brièvement vers la file d'attente qui serpentait de mille yeux. Quels projets poussaient tous ces visages bigarrés vers la Chine ?

09h02. Des voitures aux immatriculations d'officiels entraient dans le bâtiment.
Quelques minutes avant l'ouverture des portes, je décidai de sortir de la file d'attente pour me dégourdir les jambes et retrouver un peu de calme. A mon retour, une femme usant d'une ruse grossière s'était statufiée devant nous.

09h15. Dans un premier temps, les grilles se levèrent et un des hommes mit ses mains en visière pour voir à travers les vitres des portes d'entrée et s'écria avec un large sourire :
- Y a un écran télé et ils regardent les Jeux Olympiques !

09h20. A l'ouverture des portes, nous laissâmes précipitamment derrière nous la salle des pas perdus pour nous diriger sans hésiter sur notre droite, vers la nouvelle file pour les demandes de visas. Certains visages avaient disparu. De nouveaux avaient fait leur apparition. Plus loin, sur la gauche, d'autres files s'étaient organisées. Une machine ressemblant à un horodateur archaïque allumée au préalable par un employé nous donna un ticket d'entrée vers une nouvelle salle. Nous avions le numéro 7 et des sièges pour nous asseoir en face de cinq guichets. A peine installés, les employés placés derrière leur vitre enclenchèrent les numéros de passage annoncés dans un même temps par un voyant lumineux rouge et un cliquetis. Et si nous n'avions pas correctement rempli les formulaires ? Et si notre demande était rejetée ?

09h43. Lorsque notre numéro retentit dans sa lumière rouge, nous avançâmes vers le guichet libre un peu tremblantes mais d'un pas qui se voulait assuré. Une formule de politesse à peine échangée, je sortis aussitôt tous les documents de mon sac et les glissai dans l'ouverture consacrée. Dans notre dos, un brouhaha s'élevait de l'attente fébrile. Au dessus de nous, le bruit sec et bref des numéros de passage s'égrenait. Sur nos côtés, la langue chinoise s'embrouillait avec le français. En face de nous, l'employée vérifiait nos documents sans prononcer un seul mot. Peut-être son doigt allait-il appuyer sur un bouton et une trappe allait-elle s'ouvrir sous nos pieds ? Nous essayâmes de rire mais nous ravisâmes aussitôt. Nous nous contentions de l'observer glisser chaque formulaire à l'intérieur du passeport lui correspondant. Tout à coup, elle nous tendit un petit billet rose et nous dit dans un français approximatif que nous pourrions retirer les visas la semaine suivante au niveau des caisses. Nous la remerciâmes, échangeâmes des sourires séparés par une vitre et nous précipitâmes vers la sortie tandis que nos passeports restaient dans les murs. J'eus tout juste le temps d'apercevoir où se situaient les caisses. L'aventurier au sac à dos s'y trouvait encore avec, posés devant lui, plusieurs passeports.

10h03. La première chose que nous fîmes une fois dans la rue fut de téléphoner à Mme Leroy à moins que nous nous soyons d'abord frappé dans les mains pour nous féliciter...


Mme Gonbeau

 

Par Stef
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Vendredi 22 août 2008


lundi 18 août


...les doigts de Mme Léa passaient successivement des formulaires, au journal l'Equipe de la veille, à sa tasse de café. Ses yeux pétillaient lorsqu'elle revenait sur le nouveau record du 100 mètres établi par le Jamaïquain en « toute désinBolture ». Mais ses sourcils se rapprochèrent et ses yeux se firent plus sombres au moment d'apposer à 12 reprises sa signature sur chaque formulaire devenant ainsi pour chacun d'entre nous, la personne mandatée.

Soucieuse, elle avait passé un coup de fil de dernière vérification à Mme Leroy et avait jeté sur le papier une liste de points à aborder avec notre interlocutrice de l'agence de voyages. Nous payâmes nos cafés et nous engouffrâmes dans le métro.

Aussitôt reçues dans l'agence, nous aperçûmes six pochettes épaisses qui nous étaient destinées. Et pendant que Mme Léa réglait les dernières étapes de notre voyage, je ne pus m'empêcher d'ouvrir l'une d'elles. Je découvris, un peu surprise, de simples feuilles de format A4 mais bientôt je remarquai sous la mention E-Ticket la liste en majuscules et en gras de nos noms et prénoms que je recomptai rapidement. Pendant que notre intermédiaire nous précisa qu'il s'agissait de billets électroniques, je montrai discrètement la liste de nos 12 noms à Mme Léa. Mon large sourire fendilla légèrement son masque de concentration sérieuse. Puis mon pouce continua à effeuiller le dossier de voyage : ici, notre numéro de réservation, les dates et les horaires de nos vols. Là, notre convocation à l'aéroport sous le nom du Collège Victor Hugo. Un dernier feuillet nous rappelait aussi quelque coordonnée dont le nom de notre hôtel.

Les formulaires de demande de visas passèrent enfin entre les mains de notre interlocutrice qui les relut attentivement et compléta une dernière rubrique que nous avions jusque-là laissée vacante.

Nous sortîmes de l'agence de voyages le cœur empli de joie et de fierté : notre rêve un peu fou devenait réalité !

Le soir venu, mes mains un peu fiévreuses cherchèrent une paire de ciseaux et un bâton de colle. Je découpai soigneusement le contour de nos 12 photos d'identité, les fixai sur les formulaires et réglai l'alarme de mon téléphone portable à 06h50 : le lendemain, nous allions déposer notre demande de visas à l'ambassade de Chine...


Mme Gonbeau



Par Stef
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Mercredi 20 août 2008


dimanche 17 août


Ma main a d'abord repoussé les objets encombrant la surface du bureau puis a approché le halo de lumière. Rien ne devait venir perturber son exercice d'écriture dont l'enjeu était de ne faire aucune rature.

Me voici donc appliquée à remplir les 12 formulaires de demande de visas pour la République Populaire de Chine. Je recopie scrupuleusement chaque nom, chaque prénom, chaque date de naissance. Et je suis ravie d'apprendre que deux élèves viennent de fêter leur anniversaire il y a quelques jours à peine. Je redouble d'efforts pour écrire correctement quand les chiffres des numéros de passeport, de leur date de délivrance et de leur date d'expiration commencent à se brouiller. Heureusement, remplir certaines rubriques relève aussi de l'automatisme. Mais lorsqu'au recto du formulaire, il me faut renseigner l'adresse du domicile, ma vigilance ne se relâche pas. Et je découvre que les adresses quasi identiques de certains élèves ont certainement renforcé leurs liens d'amitié.

Au bout d'un moment, mes doigts finissent par se crisper sur mon stylo. J'ai de plus en plus de mal à former mes lettres dont les bras et les jambes s'entremêlent. Après une interruption salutaire, ma main lente de scribe reprend son pensum. Enfin les formulaires noircis mais non biffés trouvent refuge dans une poche plastifiée avant que ne débute leur périple entre de nouvelles mains...


Mme Gonbeau

 

Par Stef
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