Compte rendu réalisé par les élèves avec leur professeur de français
Quelle chance ! Nous sortons du Collège et en plus, il fait vraiment beau !
Un questionnaire est distribué à chaque élève : « Je me mets à la place d'une
personne sur un fauteuil roulant ou dans la peau d'un aveugle. Quelles sont les difficultés présentes sur mon trajet ? Quels sont les dispositifs mis en place pour faciliter mon déplacement
? »
Sur le trajet :
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on note la présence de bandes rugueuses destinées aux personnes mal voyantes : elles signalent le passage piéton
;
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l'accès aux fauteuils roulants semble limité : comment les fauteuils peuvent-ils monter et descendre du R.E.R.
?
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comment les aveugles peuvent-ils savoir dans quel train monter ou à quel moment descendre s'il n'y a aucun signal sonore
?
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On repère à Paris sous les feux rouges des bornes sonores pour aveugles.
En conclusion, il nous semble que le trajet n'est pas ou peu adapté aux personnes handicapées. Il reste pour eux dangereux et
inquiétant.
A 11h30 : nous arrivons au Champ de
Mars.
Nous prenons des photos de la Tour Eiffel.
Nous sommes tout de suite accueillis par la Présidente du Comité handisports. Nous apercevons de loin Jonah LOMU, l'un des meilleurs joueurs de rugby des All Blacks (Nouvelle-Zélande) et
rencontrons Kim, une formatrice handisports qui est sur un atelier danse. Elle nous explique qu'elle travaille avec des enfants qui vont mourir : « Ils ont peu de temps à vivre alors on fait en sorte que ça soit agréable pour eux. » Alan s'exclame spontanément : « C'est triste !
J'pourrai pas faire ça ! Ça doit être trop dur ! »
Puis les élèves sont divisés en deux groupes : les uns vont sur l'atelier judo, les autres sur l'atelier
escrime.
L'animateur de l'atelier judo invite les élèves à se déchausser et à monter sur le tatami. Il nous explique que le judo est un
sport approprié aux aveugles ou mal voyants car c'est un sport très tactile. Les élèves chaussent des lunettes qui obstruent la vision : tels des aveugles, ils doivent alors se laisser guider par
un autre. Puis ils courent, font des roulades et entament des petits combats au sol.
Agnès : « Quand on voit pas ça fait peur. »
Soraya :
« ça fait peur parce qu'avec ces lunettes on doit faire confiance à son
partenaire. »
Les animations et les pratiques diverses s'arrêtent : Jonah LOMU,inaugure le Défistival. A ce moment, on rappelle que le handicap c'est de la souffrance mais aussi de la
joie. Le Défistival est surtout placé sous le signe du partage : « Venez avec vos différences. Repartez avec vos
ressemblances. »
Les deux jours sont vraiment ouverts avec le lancer du ballon de rugby dans la foule par LOMU. Alan a touché
le ballon signé par LOMU mais un monsieur le lui a disputé avec hargne.
A 12h30 : tout le monde a faim !
Nous partons pique-niquer sur le Champ de Mars. Au centre de la Tour Eiffel se trouve un immense ballon de rugby (nous sommes en
pleine Coupe du Monde de rugby).
Pendant ce temps, Mme LEROY (professeur d'E.P.S.) défie la sécurité pour obtenir un autographe de Jonah LOMU.
Les oiseaux s'approchent du groupe pour picorer les miettes. Puis les garçons improvisent une mêlée et un petit match de rugby avec
une bouteille en plastique. Des photos sont prises et les garçons chantent la Marseillaise bras-dessus bras-dessous.
A 13h00 : nous quittons l'aire de pique-nique pour rejoindre
les ateliers basket-fauteuils et flag-rugby. La classe est divisée en deux groupes.
Un des deux groupes se rend d'abord sur l'atelier basket-fauteuils.
Dans un premier temps, nous avons essayé de manœuvrer les fauteuils, ce qui n'était pas très facile !
Tony : « Comment j'fais pour freiner ? Et c'est chaud ! J'ai du mal ! Et
madame, ça fait peur, ça part tout seul ! »
D'ailleurs notre professeur de français a basculé en arrière. Quelle chute ! Certains élèves ont eux aussi failli tomber à
plusieurs reprises.
Circuler en fauteuil a fini par nous faire mal aux bras et parfois par nous brûler les mains. Mais dans l'ensemble, nous avons
trouvé le basket-fauteuils amusant. Nous avons passé un moment agréable ; Tony a même marqué deux paniers ! Pourtant ce n'est vraiment pas évident car nous restons au ras du sol alors que le
panier est toujours aussi haut (3m05) !
A la fin de l'atelier, Steve s'est écrié plusieurs fois :
« Comment c'est trop bien ! »
A 13h40 : Nous rejoignons ensuite l'atelier de
flag-rugby.
La particularité de ce sport réside dans le ballon en caoutchouc mou et troué qui est plus facile à saisir, à attraper. Il faut
être ensuite très rapide pour aller déposer le ballon sur le terrain adverse. Il n'est pas facile d'avancer et de faire une passe en arrière (ce n'est pas un réflexe naturel !) De plus, dès que
l'on est touché à deux mains, le joueur doit donner le ballon à l'équipe adverse. A ce jeu-là, Jérémy et Ferdinand sont de vraies anguilles !
Les avis sur ce sport sont partagés. Ceux qui aiment courir et jouer en groupe ont apprécié. Ceux qui, au contraire, n'aiment pas
l'effort ont trouvé ce jeu très fatigant.
Pendant ce temps-là, le groupe d'élèves se trouvant sur l'atelier basket-fauteuils a été filmé par un journaliste de TF1. Puis la
classe a été interviewée : Alan a répondu aux questions avec beaucoup de clarté et de sérieux. Les élèves autour de lui étaient très calmes.
Ensuite, nous avons profité d'une courte pause pour souffler un peu et nous réhydrater. Puis nous nous sommes à nouveau séparés en
deux groupes.
Pour l'atelier danse, Kim n'a pu nous rejoindre à temps. Sur l'atelier sarbacane, certains élèves ont essayé des exercices de tirs
de précision : une fois la fléchette placée dans la sarbacane, on cherche à atteindre une cible ou des ballons.
A 15h20: au moment de quitter le site, la classe a été à nouveau filmée.
Cette fois-ci, c'est Mme LEROY qui a pris la parole pour dire combien la journée au Défistival a été enrichissante. Steve, quant à lui, ne cessait de répéter avec un grand sourire
:
“ C'est pour quelle chaîne ?”
A 16h15 : retour au Collège !
Quelques impressions recueillies après cette journée au Défistival :
Soraya : “J'ai bien aimé cette journée car ça nous a
permis de nous mettre à la place d'un invalide. Pour nous, c'était un peu difficile. Eux n'ont pas le choix : ils doivent s'adapter.”
Ferdinand : “C'était gentil de la part des professeurs
d'organiser cette sortie pleine de bonheur. Toute la classe s'est bien amusée.”
Gladys : “C'était bien, très agréable. C'était un moment de bonheur d'être
là, ensemble, avec nos camarades.”
Messaoud : “Le Défistival m'a beaucoup plu !”
Melissa : “Je retiens de cette journée que tout le monde s'est amusé.
C'était sympa de voir les garçons jouer au rugby-bouteille après le pique-nique.”
Tony : “J'ai ressenti beaucoup de joie et je me suis bien amusé. J'ai pu me
rendre compte de tout ce qui est créé pour les handicapés et j'en suis heureux.”
Winnie : “Les professeurs ont pris des photos de
nous.”
Anthony : “J'ai apprécié cette journée, le basket-fauteuils et quand on
nous a filmés.”
Agnès : “J'ai adoré cette journée !”
Jessica :“Je garde un très bon souvenir de cette journée et plus
particulièrement de l'atelier basket-fauteuils.”
Alan : “C'était une journée très bénéfique
!”
Loïc : “La journée a été superbe. Il n'y a eu aucune bagarre et que de la
joie. C'était vraiment bien !”
Steve : “C'est difficile de se mettre à la place d'une personne
handicapée.”